EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

Depuis bientôt vingt ans que notre association existe, les actions menées suivent-elles toujours le même processus ? Rencontrons-nous toujours les mêmes réactions ?

En d’autres termes, la mentalité des acteurs principaux, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, autorités publiques…) a-t-elle changée vis-à-vis de la notion de défense du Patrimoine ? Ou encore, la notion de Patrimoine fait-elle aussi l’objet de manipulations à l’avantage d’intérêts particuliers ?

Si on prend une certaine hauteur pour examiner le « phénomène », on ne peut dire qu’un vibrant enthousiasme est né pour le patrimoine. Nous ne parlons pas ici de la réaction très positive du public envers les journées du Patrimoine, seules journées où les arts du passé (lointain et proche) ne sont pas étouffés par la dictature de l’Art contemporain entièrement aux mains de spéculateurs, à un point tel que les richesses de l’Art contemporain, il y en a, sont noyées dans le bric-à-brac de faiseurs et de parvenus.

Cet aparté terminé, il n’y a pas un changement fondamental dans l’optique du projet du maître d’ouvrage, l’approche du maître d’œuvre et la réaction des autorités publiques. Trop souvent, la notion de Patrimoine n’apparaît pas ou est fugitive, évincée par celle de la rentabilité. Les adeptes de « l’harmonie des ensembles » sont encore bien rares.

Par contre, il nous semble que c’est du côté de la négociation qu’un changement s’est produit. Promoteurs, bureaux d’architectures, autorités communales, sont plus ouverts à l’idée de négocier pour trouver une solution lorsqu’un projet heurte par son atteinte au patrimoine émotionnel des habitants ou en raison de sa qualité. A l’inverse, il y a aussi des revendications cachées qui dissimulent des intérêts très personnels, sous le couvert de la préservation du Patrimoine.

La négociation est un art. Il faut souvent naviguer entre intérêts divergents, entre optiques parfois radicalement différentes, décrypter les intentions cachées et rendre possible une révision du projet… ce qui entraîne presque toujours un coût supplémentaire.

Sommes-nous de bons négociateurs ? Ce n’est pas à nous de le dire, mais nous nous efforçons de l’être. Ce qui est tangible, ce sont les résultats obtenus et une confiance, notamment, des autorités publiques.

 

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

 

Cette fois-ci, l'automne sonne la fin de l'été indien et celle, prochaine, de l'année 2016. Une année très contrastée comme les couleurs des feuillages.

Une année à l'image d'un monde de plus en plus irrationnel, un climat tout en extrêmes, une situation géopolitique de plus en plus compliquée et dangereuse. La prochaine décennie semble être celle de tous les dangers: l'embrasement du Moyen-Orient est loin d'être éteint et l'Europe se fissure, ayant oublié qu'elle est d'abord constituée de ses citoyens. Resurgissent les replis nationalistes, quand ce n'est pas, pour des pays comme la Russie et la Turquie, la vision de leurs empires passés et pour qui les règles morales ne comptent vraiment plus. Sans parler de la menace, toujours bien présente, de crises financières ou du choix de candidats aux plus hautes fonctions d'états clés.

Ces quelques réflexions m’ont fait souvenir d’un tableau hors du commun. Aux environs des années 1560, Pieter Breughel peignit cette toile intitulée : « Dulle Griet » ou « Margot la Folle » ou « Margot l’Enragée ».

Sur la toile les mondes de Breughel et de Bosch s’interpénètrent, et résument, en une image apocalyptique, l’éternel retour d’un monde de violences. Bien des interprétations ont été avancées car les symboles foisonnent dans cette œuvre, mais peuvent s’adapter à tous les siècles. L’interprétation, qu’en donne Bernard Bro, me semble percutante ; « C’est celle de notre angoisse, celle de notre miroir. C’est aussi celle du mouvement non contrôlé de l’humanité qui poursuit sa fuite en avant sans savoir vers quoi, mais prise par le délire de tout fabriquer, tout inventer, tout détruire, tout vendre… » 

La tâche d’une association, comme la nôtre, paraît dès lors bien dérisoire, un peu comme si nous replacions quelques briques dans une des innombrables fissures d’une muraille écroulée. Mais la conscience de cet état de choses est nécessaire, savoir notre place et nos limites, et ceci accepter, continuer notre action avec opiniâtreté. Une qualité indispensable pour assumer les délais longs (plusieurs années) qui précèdent la conclusion d’un dossier.

Le bilan de 2016, exposé dans les pages qui suivent, s’avère positif. Le dossier (2002) de la Place de Bourgeois est mis sur les rails. Celui de la Cure de Sainte-Croix (2005) est sur le point de trouver une solution. Celui de l’ancienne école des garçons de Genval (2008) est en chantier. Celui des Papeteries/phase-I (1998) est terminé. Celui des panneaux historiques (2014) est en cours.

 

 

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

 

 

A la veille des grandes vacances, nous avons l'impression, même si nous ne partons pas, de déposer, pour un temps, un sac à dos rempli de rumeurs du monde et qui, de mois en mois, devient plus lourd. La vague de plus en plus puissante de l'information nous submerge et comme la part belle est faite aux "mauvaises nouvelles", elles prennent le pas sur les autres.

Lire la suite : Juin 2015

 

 

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

 

Dans les médias qui semblent se complaire, trop souvent, dans le fracas des relations, des images, des dialogues où le thème de la désespérance de la condition humaine est le principal sujet, il n’y a pas ou peu de place où les citoyens, que nous sommes, peuvent sentir une brise avec un petit goût de bonheur leur annoncer que tout ne va pas si mal.

Lire la suite : Juin 2014

 

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

Doit-on se réjouir du programme d’organismes culturels, qui mettent au premier plan « la sensibilisation à l’art contemporain » où, et c’est là où le bât blesse, sont exaltés même les médiocres, sous peine de passer pour attardé ?

Doit-on se réjouir de ce que les émissions et revues émanant des instances officielles ne proposent, trop souvent, qu’un environnement qui vous plonge dans une ambiance de chambre froide ?

Doit-on se réjouir de la multiplication des gadgets électroniques, qui ligotent jeunes et adultes dans un « esclavage » sournois mais bien réel ?

Chacun aura une réponse ou sa réponse.

Lire la suite : Octobre 2013

 

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

Un des livres majeurs du XXe siècle, paru en 1932, est certainement « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley. Sous les dehors d’un récit d’anticipation, Huxley nous projette dans une société, à laquelle la nôtre ressemble de plus en plus et qui peut se résumer par la servitude et la manipulation des hommes au profit d’un pouvoir tout puissant.

 

Lire la suite : Janvier 2012

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

Il y a des années comme ça, où tout semble devoir continuer comme l’année précédente. Puis soudain les choses basculent.

Les dossiers suivis par l’association sont presque toujours de longue durée, rien n’étant simple quand se mêlent secteur privé et secteur public.

Lire la suite : Juin 2011

EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

Lorsque fut fondée l’association, nous avions l’idée bien précise qu’il était fondamental de lier la dignité des hommes à la noblesse du patrimoine. Le respect de l’une ne va pas sans le respect de l’autre. Dans ce bulletin nous consacrons, exceptionnellement, des articles à la facette « hommes » de notre association.

Lire la suite : Novembre 2009

EDITO : Michel Wautot 

“ Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer”
Rainer Maria Rilke

Maurice Béjart disait : « Le drame de l’époque consiste à faire croire aux gens qu’en multipliant leurs besoins on augmente leur joie. En réalité on augmente leurs souffrances, on augmente leurs attaches. La seule issue pour le monde actuel, c’est non la privation, je n’aime pas ce mot là, mais c’est la joie dans le dépouillement ». Se pourrait-il que l’écroulement du monde financier, ce veau d’or jeté à terre, soit le prélude à une nouvelle vision du monde ?

Lire la suite : Mars 2009

EDITO Michel Wautot
« Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Reiner Maria Rilke

Notre monde est pareil aux deltas des grands fleuves sans cesse changeants. Là où il y avait une île coule un bras du fleuve. Là où passaient les barques émerge un banc de sable où se réfugient de grands oiseaux. Et l’île qui nous paraissait inaccessible s’atteint à pied sec.

Cette Note sera, à son échelle, le reflet de cette situation dans ce domaine, que nous sommes quelques-uns à aimer : l’histoire et l’avenir des hommes à travers leur patrimoine.

Lire la suite : Juin 2007