EDITO Michel Wautot
« Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Reiner Maria Rilke

Notre monde est pareil aux deltas des grands fleuves sans cesse changeants. Là où il y avait une île coule un bras du fleuve. Là où passaient les barques émerge un banc de sable où se réfugient de grands oiseaux. Et l’île qui nous paraissait inaccessible s’atteint à pied sec.

Cette Note sera, à son échelle, le reflet de cette situation dans ce domaine, que nous sommes quelques-uns à aimer : l’histoire et l’avenir des hommes à travers leur patrimoine.

Notre beau pays connaît depuis juin 2006 une grande effervescence qui prendra fin en juin 2007, tout au moins en ce qui concerne les devoirs civiques des citoyens. Le grand Barnum politique agite ses sonnailles et discourt. Mais quel est l’ impact de la culture et plus précisément du Patrimoine dans les programmes politiques ? Force est de constater que la culture n’est pas étiquetée « priorité absolue.» Il est certain que parmi les centaines d’arbres transformés en pâte à papier, pour la réalisation des bibles provisoires des partis, il y a bien un petit arbuste malingre qui s’est transformé en paragraphe « sur la culture. » Mais ni la lecture des journaux, ni l’écoute des philippiques télévisées ne confortent cette supposition.

Alors direz-vous « Tout est-il perdu durant les années de cette nouvelle législature ? »

La réponse est non. Tout au moins si l’on s’en tient à la théorie des deltas des grands fleuves. Et heureusement pour les hommes de bonne volonté, comme toutes les théories non-écrites, ce sont les meilleures.

Nous verrons au cours de ces quelques pages qu’être au bon moment, à la bonne place, avec les personnes idoines, permet de changer les choses. Ce qui illustre et explique la phrase de Rilke citée en exergue.