EDITO : Michel Wautot 

«  Il faut savoir que les choses sont sans espoir et tout faire pour les changer »

Rainer Maria Rilke

 

Cette fois-ci, l'automne sonne la fin de l'été indien et celle, prochaine, de l'année 2016. Une année très contrastée comme les couleurs des feuillages.

Une année à l'image d'un monde de plus en plus irrationnel, un climat tout en extrêmes, une situation géopolitique de plus en plus compliquée et dangereuse. La prochaine décennie semble être celle de tous les dangers: l'embrasement du Moyen-Orient est loin d'être éteint et l'Europe se fissure, ayant oublié qu'elle est d'abord constituée de ses citoyens. Resurgissent les replis nationalistes, quand ce n'est pas, pour des pays comme la Russie et la Turquie, la vision de leurs empires passés et pour qui les règles morales ne comptent vraiment plus. Sans parler de la menace, toujours bien présente, de crises financières ou du choix de candidats aux plus hautes fonctions d'états clés.

Ces quelques réflexions m’ont fait souvenir d’un tableau hors du commun. Aux environs des années 1560, Pieter Breughel peignit cette toile intitulée : « Dulle Griet » ou « Margot la Folle » ou « Margot l’Enragée ».

Sur la toile les mondes de Breughel et de Bosch s’interpénètrent, et résument, en une image apocalyptique, l’éternel retour d’un monde de violences. Bien des interprétations ont été avancées car les symboles foisonnent dans cette œuvre, mais peuvent s’adapter à tous les siècles. L’interprétation, qu’en donne Bernard Bro, me semble percutante ; « C’est celle de notre angoisse, celle de notre miroir. C’est aussi celle du mouvement non contrôlé de l’humanité qui poursuit sa fuite en avant sans savoir vers quoi, mais prise par le délire de tout fabriquer, tout inventer, tout détruire, tout vendre… » 

La tâche d’une association, comme la nôtre, paraît dès lors bien dérisoire, un peu comme si nous replacions quelques briques dans une des innombrables fissures d’une muraille écroulée. Mais la conscience de cet état de choses est nécessaire, savoir notre place et nos limites, et ceci accepter, continuer notre action avec opiniâtreté. Une qualité indispensable pour assumer les délais longs (plusieurs années) qui précèdent la conclusion d’un dossier.

Le bilan de 2016, exposé dans les pages qui suivent, s’avère positif. Le dossier (2002) de la Place de Bourgeois est mis sur les rails. Celui de la Cure de Sainte-Croix (2005) est sur le point de trouver une solution. Celui de l’ancienne école des garçons de Genval (2008) est en chantier. Celui des Papeteries/phase-I (1998) est terminé. Celui des panneaux historiques (2014) est en cours.